Mère du XIXe siècle poussant une poussette ancienne dans une rue pavée

Origine : quel nom portait autrefois une poussette ?

En 1850, le mot « landau » domine les registres et les vitrines. Sur les documents officiels ou les publicités de l’époque, il désigne sans détour ce véhicule réservé aux plus petits, bien avant que la « poussette » ne s’invite dans notre vocabulaire courant. L’administration, les fabricants et même la presse spécialisée n’utilisent alors que ce terme, sans la moindre hésitation.

Le temps passe, mais le « landau » reste incontournable. Même lorsque surgissent des modèles plus maniables, le mot s’accroche, persistant dans les dictionnaires et dans les usages. À la fin du XIXe siècle, rares sont les ouvrages qui adoptent le terme « poussette » ; la plupart préfèrent la stabilité et la tradition du « landau », gage d’une certaine idée du confort et de la distinction.

À quand remonte la toute première poussette ?

Tout commence bien avant l’apparition du mot « poussette » dans la langue française. Le tout premier véhicule d’enfant à roues voit le jour au XVIIIe siècle, en Angleterre. En 1733, le duc de Devonshire charge un architecte de jardin de créer une petite voiture destinée à transporter son enfant. Ce modèle inédit intrigue la haute société anglaise, avant de traverser la Manche.

En France, l’idée met du temps à s’installer. Il faut attendre plusieurs décennies pour que les familles aristocratiques parisiennes s’en emparent. Là-bas, on parle alors de « landau » pour désigner ces premiers engins. L’appellation, directement empruntée à la ville allemande de Landau, s’impose dans les cercles raffinés, éclipsant toute autre dénomination.

Le mot « poussette » ne s’infiltre dans les textes français qu’au XIXe siècle, preuve d’une évolution lente des mentalités et du vocabulaire. À Paris, le « landau » évoque une élégance discrète, symbole d’un art de vivre réservé à quelques privilégiés.

Pour mieux saisir la richesse de cette histoire, voici quelques termes anciens qui circulaient à l’époque :

  • Le « carrosse d’enfant » figure dans les archives révolutionnaires parisiennes, preuve que l’innovation trouvait aussi place dans la vie quotidienne.
  • La notion de « première poussette » s’efface derrière ces appellations oubliées, qui témoignent d’un héritage lexical insoupçonné.

Peu à peu, les rues de la capitale voient fleurir ces véhicules d’un genre nouveau. Leur multiplication dit tout d’une société en mutation, où la petite enfance s’affiche désormais sans complexe au cœur des villes. La poussette, ou plutôt le landau, accompagne cette transformation, jusqu’à devenir le symbole discret d’une modernité en marche.

Du landau au “carrosse d’enfant” : les anciens noms oubliés

Au XVIIIe siècle, le mot « landau » s’impose pour désigner ce véhicule à quatre roues, réservé à la bourgeoisie urbaine et à l’aristocratie. Son origine allemande ne fait qu’ajouter à son prestige, et la langue française l’adopte sans réserve. Pourtant, d’autres noms circulent, portés par la diversité des usages et des traditions familiales.

Les registres parisiens de la Révolution française regorgent de mentions du « carrosse d’enfant ». Ce terme, à la fois solennel et familier, rappelle le carrosse des adultes, en version miniature. D’autres expressions font leur apparition dans la capitale et dans les grandes villes de province, comme « petite voiture » ou « chaise roulante pour enfants », autant de variantes qui expriment l’attachement aux réalités locales et à l’innovation du moment.

Voici quelques éclairages sur ces appellations, leur diffusion et leur contexte :

  • Le « landau » reste le privilège des familles aisées, tandis que le « carrosse d’enfant » s’étend à d’autres milieux sociaux, notamment à partir de la Révolution de 1789.
  • Certains actes de l’église Saint-Martin, à Paris, relatent des dons pour la fabrication d’un carrosse d’enfant à destination des orphelins, preuve que l’usage se démocratise peu à peu.

Derrière cette multitude de termes se cache une histoire complexe, nourrie de contextes politiques, de rivalités sociales et d’influences régionales. Entre latin académique et langue populaire, la dénomination de la poussette reflète les métamorphoses de la société française, de la Révolution aux premières décennies du XIXe siècle.

Pourquoi la poussette a-t-elle tant évolué au fil des siècles ?

La poussette, bien plus qu’un simple objet utilitaire, accompagne les changements de société, les avancées techniques et la transformation urbaine. Au XIXe siècle, la croissance des villes, l’ouverture de nouveaux espaces publics et la généralisation des sorties en famille poussent les fabricants à revoir leurs copies. Les premiers modèles, plutôt massifs et encombrants, cèdent peu à peu la place à des versions plus légères, pliantes, adaptées à la vie moderne.

Le XXe siècle marque une accélération. Les guerres imposent de nouveaux matériaux : le bois massif s’efface devant l’acier et, plus tard, l’aluminium. En Normandie, les maréchaux-ferrants et artisans, souvent sollicités pour réparer roues et châssis, adaptent leur savoir-faire face à la demande croissante des familles urbaines.

De nouveaux articles de puériculture apparaissent, reflet d’une société qui accorde une attention grandissante à la sécurité des plus petits. À Paris, ou encore à l’abbaye Saint-Martin, on retrouve dans les archives des traces de l’influence ecclésiastique sur la conception des poussettes : abris contre la pluie, solidité sur les pavés, robustesse des structures… chaque détail compte.

Trois axes majeurs structurent cette évolution :

  • La transformation des matériaux et des techniques de fabrication
  • L’adaptation aux nouveaux rythmes et contraintes de la vie urbaine
  • L’influence des conflits et de l’industrialisation sur la conception des modèles

L’histoire de la poussette s’entrelace avec celle des familles, des artisans et des lieux de vie. D’une génération à l’autre, elle s’adapte, se réinvente, traversant les époques et les paysages, des pierres des rues parisiennes jusqu’aux chemins normands.

Homme âgé en vêtements d

Petite histoire culturelle : la poussette, miroir des sociétés

Derrière la poussette se cache un véritable révélateur social. Les archives municipales évoquent, dès le XVIIIe siècle, de véritables cortèges lors de la fête de la Saint-Martin, où les nourrissons défilent dans de petits carrosses d’enfants. Selon la région et l’époque, le nom change : à Paris, la bourgeoisie s’approprie rapidement le « landau » venu d’Allemagne, tandis qu’en province, on préfère « charriot d’enfant » ou « cochelet ».

L’évolution du terme, du landau à la poussette, accompagne un bouleversement du regard porté sur l’enfance. Au XIXe siècle, l’enfant devient acteur à part entière, et non plus simple passager. Les objets suivent le mouvement : la poussette s’allège, se démocratise, quitte les salons feutrés pour investir la rue. Certaines fêtes, comme celles de l’église Saint-Martin, célèbrent ces changements qui imprègnent le patrimoine local.

Voici comment ces évolutions s’incarnent dans la vie sociale :

  • Le landau, marqueur de distinction et de statut
  • La poussette, symbole d’une nouvelle mobilité familiale
  • Les cortèges de la Saint-Martin, mémoire vivante de la petite enfance

La poussette, au fil du temps, s’ajuste aux attentes de la société. D’abord réservée à une élite, elle franchit les frontières sociales et urbaines, change de nom et de forme, mais conserve un rôle de témoin discret. Des parvis d’église aux trottoirs contemporains, elle accompagne les familles, trace un sillage dans la mémoire collective et invite, aujourd’hui encore, à repenser la place de l’enfance dans l’espace public.

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